Le penseur Paul Clodel

La pensée d’autrui, le narcissisme dans l’art par Paul Clodel Cochard

 « Être ou ne pas être : telle est la question ? Hamlet (W. Shakespeare)

« Autrui est celui qui dit de moi sans être moi, il est le moi qui n’est pas moi-même. C’est moi et rien que moi, comme si je ne peux définir les autres autour de moi : comme autrui. Autour d’autrui je suis le centre et les autres sont la périphérie ».

Une obligation à penser autrui en parlant toujours de soi-même : Est-ce autrui m’importe au contraire l’épreuve de sa différence ?

Est-ce à penser un alter ego (personne à qui on accorde une confiance absolue et qu’on charge d’agir en son nom), n’est-ce là à parler d’autrui du narcissisme ?

A-t-on vraiment le droit de se mettre à la place d’autrui ?

 Jean-Paul Sartre , écrivain et philosophe français

 

Pour Jean-Paul Sartre : Il est question de l’intersubjectivité au cœur de la philosophie Sartrienne et pour cause les questions qu’il se posait :

«  Autrui est-il synonyme de liberté? Est-il consubstantiel au monde ? Puis-je exister sans autrui ? Que peuvent être la nature des rapports à l’autre ?   

Second moi, âme sœur :

« Le docteur Fergusson avait un ami. Non pas un autre lui-même, un alter ego ; l’amitié ne saurait exister entre deux êtres parfaitement identiques ». (Jules Vernes, cinq semaines en ballon, 1863).      

 

   Wilhem Haverkamp (1864-1929) grand sculpteur du XIXe siècle.

 

Se mettre à la place d’autrui :

C’est prendre sa place et le déposséder de toute sa pensée pour faire une injection des siens. Mais pourquoi prendre sa place si nous pouvions être soi-même ? C’est d’apporter la vision d’autrui pour ne pas se citer. En quelque sorte « être ou ne pas être autrui : c’est la question ? N’y t-il pas une forme d’usurpation intellectuelle à croire qu’on est égale à l’autre ou une forme d’infériorité d’esprit qui nous pousse à croire à notre moi. Ce comportement narcissique dans la vision d’autrui détruit le narrateur. La pensée de croire en lui le ramène à se décrire comme un perverti.

Sigmund Freud, (Neurologue autrichien, professeur et qui avait fondé la psychanalyse) parlait à propos du corps d’être un objet sexuel. «  Mon corps n’est-il pas un objet sexuel ?         

« La première fois je me suis vu, je me suis tout de suite plu, quand je me suis rencontré. J’ai su que j’allais m’aimer. J’ai envie de m’embrasser. Je ne me quitterai jamais. Je reste fidèle à moi-même… » (Narcisse Zombril- Zool- Nelson Boyer)

« Jusqu’en 1910, le narcissisme est compris comme une maladie. Discrédité puis réhabilité, le narcissisme reste un concept qui a souvent divisé les opinions psychanalytiques en fonction de l’aspect pathologique ou bien constructeur que l’on accorde au narcissisme. Freud parlait de « narcisme » (Narzissmus). Il a élaboré cette notion entre 1911 et 1914. Le « narcisme » désigne l’investissement libidinal de sa propre personne et surtout de « l’idée » que le moi se fait de lui-même. Freud, définissait le narcissisme comme non pas une forme de perversion mais comme un stade de développement nécessaire au passage de l’auto-érotisme à l’amour de l’objet (sans commentaire et restons philosophe) ».

  Wassily Kandinsky

Kandinsky peintre russe et un théoricien de l’art. Wikipédia 

Le narcissisme dans l’art :   

 Rien que le fait d’apposer sa propre signature au bas de son œuvre est synonyme de narcissisme !!!

Le peintre ne se concentre pas uniquement sur sa personne, il dépeint la réalité mais pour cela il y ajoute son moi.

 « L’art est mort, puisque je ne peins plus »  Kandinsky, proclamait : « L’art est mort, puisqu’il ne peint plus » C’est là une preuve que les artistes sont narcissiques.

Vers 1504, Albrecht Dürer, inventeur de l’autoportrait, pionnier du narcissisme, se met nu devant son miroir et se peint. Il dessine et sculpte des douces lignes au regard de son sexe ainsi, pour lui certainement, de ressembler à l’homme qu’il aime. Cette admiration ressemble au principe d’une perversité auto-érotique. L’idée de se mettre à nu pour lui-même est une conviction psychologique d’être malade dans son comportement face à autrui. Si l’œuvre reste qu’une esquisse et n’est pas exhibée, il reste son droit. Mais le fait de le faire pour les autres regards, insiste à dire que l’artiste ne maîtrise plus ses pulsions.

A noter qu’une partie des artistes-peintres sont narcissiques. Ceux là, vivent que pour peindre tout en parfait égoïste et tout au détriment de ceux qui partagent leur vie. Ils restent persuader qu’ils sont uniques et que tous les autres artistes sont des adversaires. Ils s’insurgent que pour arriver le premier au rôle de « grand peintre » il faut penser à soi-même (cela reste qu’une hypothèse).

 Narcisse par Le Caravage.

Est-ce une raison de tout croire ?

Pour conclure, je dirai que l’écrivain à sa raison de croire à autrui puisqu’il se cite l’auteur de l’autre. Sans lui la raison d’autrui n’a pas sa place et l’idée de l’autre n’a pas lieu d’être. (Y a-t-il un jugement « narciste » là ?)

Le narcissisme est un comportement qu’on peut se remédier par l’intéressement gratuit (sans apport d’aucun signe personnel, ni la moindre signature de soi-même). Il faut réapprendre à écouter l’autre, tout en affirmant d’être attentif à lui-même. Parler des autres sans mettre son intérêt personnel est un service rendu à la communauté. Mais ne pas laisser l’autre vous dominer et ne pas être le souverain du narcissisme de l’autre…

 

Merci pour votre visite et vos impressions: 

A découvrir d'un seul clic sur le lien ci-dessous : 

La pensée d'autrui de Jean-Paul Sartre par Paul Clodel