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Notre langue Réunionnaise : nout causé (ou kosé) Rénioné (ou renyoné)

La langue créole Réunionnaise est notre fierté pour tous ceux qui sont nés à la Réunion. Nous parlons alors deux langues (sommes nous pour autant tous des bilingues ?) et voir plus (de langues) si nous avions "un peu plus d’instruction" (terme et expression de chez nous : l’instrucssion). Mais avant d’aller dans une forme de pensée réunionnaise ou faire une réflexion sur « le causé rénioné », jetons un coup d’œil à l’origine du mot « créole » :

-       Le créole est un mot d’origine espagnole (criollo) qui signifie : « élevé ici ».

-   Si cette langue orale ( nous verrons plus tard la langue "créole écrite") est apparue à la colonisation, au cours du 17èmesiècles.

-     Le créole est basé sur les mots oraux de la langue de la classe dominante (qui dit dominant dit dominer). Il y a aussi l’apport des langues des différentes ethnies colonisées. Les esclaves de l’Afrique, de Madagascar ou de Mayotte ont déjà trois façons de prononcer le créole, pour la simple et bonne raison : leur langage d’origine a une prononciation différente

 

Aujourd’hui nous reconnaissons dix façons orales de parler créoles :

1-    Le créole des Bas

2-    Le créole blanc des Hauts (le yab des hauts)

3-    Le créole de Saint-Denis (mélange de cafres, malbar, etc…)

4-    Le créole des Cirques

5-    Le créole cafre

6-    Le créole malabar

7-    Le créole malgache

8-    Le créole mahorais

9-    Le créole francisé

10- Le créole créolisé 

Dans le pire des cas, pour se faire comprendre, l’utilisation de la langue française permet d’ouvrir une conversation tout azimut et ouvert sur le national (la France, notre mère patrie).   

 

Le créole est-il une déformation d’une langue ?

Voir des mots que nous pouvons retrouver dans d’autres langues et à partir du 17ème Siècle, comme le Breton, l’anglais, l’espagnol ou l’ancien Français. De toute façon, toutes ces variantes n’ont permises à la création d’une nouvelle langue: le créole, et cela depuis plus de trois siècle à la Réunion. On se doit de préciser que le développement du créole c’est concrétisé d’une manière d’affranchi (autonome) voir à l'orale et non à l'écrit. Ce dernier est du à une forme administratif qui qualifiait (période de la colonisation et plus tard) la langue de la mère patrie (le français) comme celle d’officielle.

Pourtant si nous faisons une autopsie du créole à l'orale nous entendons beaucoup de mots français et notamment ceux des « parlers régionaux » de Nord-ouest et du Sud-ouest de la France, vers la fin du 17ème Siècle et du 18ème Siècle. Une montée d’histoire qui nous ramène au peuplement de la Réunion. Mais si ce français d’époque reste le tronc du corps d’écriture il ne faut pas oublier les différentes racines : Les mots et les expressions stockées initialement aux langues d’origines (Madagascar, îles des Mascareignes, Continent Africain et Indien).

(Le créole réunionnais est un créole à base lexicale française parlé à la Réunion. Il est issu surtout du français(principalement des dialectes du nord-ouest comme le normand et le gallo) mais a aussi subi l'influence des langues d'autres ethnies venues s'installer dans l'île, telles que le malgache, l'indo-portugais et le tamoul1.) (Voir Wikipédia)

Un simple exemple : « Moi et toi » en vieux français, on prononçait oralement avec un gros accent grave dans la voix : Moé (moin) et toé (toué) le créole a retenu dans sa langue orale : Moin (ou amoin) pour je (moi) et toué (ou atoué, a ou) pour toi. Comme aussi en vieux français on disait : astheure, le créole dit : astër (à présent).

La difficulté de comprendre le créole à l'oral c’est la façon de le prononcer. Dautant que le Réunionnais parle trés vite. De ce fait il y a dans certaine phrase créole, des mots qui peuvent être des faux cousins du français et par conséquence n'ont pas la même signification.

Un exemple : Astër moin fransé largg a moin avek out zistoir dalon. (en créole)

                    On a « Astheure » et « moé » c’est du vieux français « fransé » qui peut-être aussi de l'espagnol (francés) « largue » (est employée chez les pirates pour largue les amarres) « avec »  ou « histoire » dalon ou dallon (origine Gallo/français). Pour vous dire, la difficulté d’une phrase en créole prononcée oralement. Ce qui enrichi la culture d’une île c’est la réunion de tous ces ethnies. En termes l’île de la Réunion n’est là qu’un bon exemple, soit en thermes de différentes races mais différentes cultures. Revenons sur la traduction de cette phrase créole en français, cela donne ceci :

 -  Astër moin fransé largg a moin avek out zistoir dalon (Maintenant que je suis français, lâche-moi l’ami, avec tes histoires).

    

 

Mais pourquoi le créole n’est t-il pas devenu une langue écrite depuis peu ? 

 La langue créole était trop longtemps critiquer et était pointer du doigt par l’ancien pouvoir politique de l’après colonisation. Parler en créole n’était cependant pas trés polie car cela prétendait qu’on pouvait, sous l’aspect d’un dialecte incompris du français, (appelé le « zoreil » parce qu'il tend l'oreille ???) lui dire du mal. On devait s’exprimer dans les administrations et voir même en public,qu’en bon français. Reste, que le français était appris qu’à l’école et pour ce fait, il fallait avoir les moyens à la fois intellectuel et économique pour n'arriver qu'en fin d’étude scolaire. Autrement dit, c'était une classe sociale qui devrait rester dans le prolétariat. Une classe sociale dépourvue de savoir pour ainsi dire ressembler à de bons cytoyens (électeurs) !!!

  • Pourtant le créole à inspirer certains écrivains et poètes de l’époque ou presque comme : Marius et Ary leblond, bien avant eux, Leconte-De-Lisle. Marius et Ary Leblond avaient utilisaient un nom de plume et des textes en bon français pour critiquer la société d’époque : (La Sarabande, roman de mœurs électorales, Fasquelle, 1904 ; réédité sous le titre La Kermesse noire, roman d'une élection aux colonies, Ed. Georges Crès, 1934.)

Comme dirait Jean-François Samlong pour la préface du livre d’Aude-Emmanuelle Hoareau. Cette dernière est Docteur en philosophie, et qui travaille sur l’émergence d’une pensée et d’une esthétique spécifiquement créoles mais tournées vers l’universalité. Il ajoute ceci :

« On a souvent prétendu que le créole était une langue pratique et familière, et qu’elle n’était que cela. Les écrivains et poètes réunionnais d’expression créole ont, par leurs œuvres, démenti ce cliché simpliste et méprisant. Chacun sait qu’il existe, à l’écrit comme à l’oral, une sensibilité créatrice créole ». Jean-François Samlong (écrivain, poète réunionnais).
            

Le créole est donc resté une langue orale jusqu’au jour où on écrit les premiers essais:

  •  Axel Gauvin : Du créole opprimé au créole libéré (Pou vanz pou la lang kréol. Essai pour la défense de la langue réunionnaise). L'Harmattan, 1977).

 

Un espoir dans le créole écrit :

Une graphie phonétique du créole réunionnais inventée en 1977

L’espoir naquis du travail sur « lékritir 77 » un collectif d’intellectuels désireux de défendre l’identité réunionnaise.

L’un deux, Axel Gauvin, un fervent défenseur et militant de la connaissance et bien sur reconnaissance de la langue créole à l’écrit comme au parler.

Bien entendu il fallait s’entendre sur un écrit qui serait officiellement celui de la langue créole.

Exemple : nou mèt an ble ant parantèz le nivo konséyé, S1, S2, S3 pou bann sikle 1, 2, 3, K é L pou kolèj èk lisé. (Extrait de bibligrafi pou pous plis loin. Kréol dan lékol…)

Les 3 k, Kolèj,(Collège) le  «K » remplace le « C », Kossa (quoi, ce que) le « K » remplace le « Q »et « Kilo » le « k » remplace le « K ».

Notamment : Kabar (cérémonie religieuse ou fête), kabri (chèvre) Kan (quand) kréol (créole) et képi (képi)…

Mais il semblera que cette graphie de 1977 était abandonnée pour cause peu utilisée et trop compliquée pour l’écrire. Elle est remplacée par la graphie 83 et puis celle de 2001.

 

 

Le créole à l’école ?

C’est Michel Launey qui voulait introduire le créole Réunionnais à l’école.

«  On peut dire qu’il est dans l’absolu plus « intéressant » (au sens : efficacité sociale ou économique) d’apprendre une langue parlée par 100 millions de personne qu’une parlée par 1000 personnes ou moins (et celles-là sont nombreuses !), cela ne fait pas de la « petite langue inférieure au sens linguistique ou plus largement intellectuel ». (Extrait de la conversation de Michel Launey

 La question du créole à l’école fait toujours un rebond et divise même l’opinion du Réunionnais. Certains créoles affirment qu’il y a déjà un parler créole à la maternel. Il se base sur le rôle du professeur d’école qui est d’origine réunionnais et donc le petit créole est accueilli dans sa langue maternelle. Cela reste un point à développer mais reste un accueil en langue orale et non écrite.

D’autre réunionnais s’estiment que le fait de parler en créole avait joué un rôle négatif pour eux sur le banc de l’école. A cause de cela ils ont eu un statut inférieur dans la société réunionnaise. Faute de quoi ils ne s’expriment plus qu’en français maintenant dans l’écriture.

 Que veut dire le mot « inférieur dans la société » ?

 Pour revenir à Michel Launey qui se posait, lui aussi, dans son article ces questions :

 « Que veut dire « inférieur » ? Sur quelle échelle de valeurs morales ou esthétiques ? Sur quelle échelle de performances intellectuelles, rhétoriques ou autres ? Il n’y a pas de langues « inférieurs » au sens cognitif. Tout au plus y a-t-il des différences de statut (et de prestige) social, en même temps que des données incontournables de démographie ».    

(Extrait de la conversation de Michel Launey) 

 

Quel est l’intérêt d’apprendre une langue qui est parlée uniquement à la Réunion ?

 L’anglais est une langue internationale, nécessitant des efforts à chacun, pour s’approfondir mais on n’y trouve là, un intérêt pour l’avenir. L’écrit du créole, à l’école, est donc un but à développer. Sauf que cette idée est à revoir, puisqu’on sait, les parents réunionnais, certes, d’une manière à l’orale, fait l’éducation (à leur marmaille) du créole à la maison. Elle doit-être, la langue d’accueil à la maternel et peut-être une langue de plus à étudier dès le collège. Pour le moment, le créole est enseigné en CAPES à l’université de la Réunion et c’est une très bonne initiative.

Pour en conclure sur cette problématique, je suis d’avis de penser que le créole écrit à l’école est une bonne philosophie, mais à la condition d’être étendu au niveau national. Encore faut-il se mettre tous d’accord, sur un commun dictionnaire officiel du créole réunionnais. D’en faire aussi une association d’idée d’écriture à tous les autres Départements Français qui parlent le créole. Pourquoi pas une réunion de tous ceux qui parlent créoles et en faire là, une langue unie ???

 Un même créole pour tous, cela motivera le réunionnais, l’antillais, le mauricien, le seychellois, et pourquoi pas aussi le français à parler la même langue ? A savoir que cette idée est impossible, essayons de faire l’apologie, à la Réunion, de cette langue.      

 

 

Fable de La Fontaine "Le Corbeau et le Renard" écrit en créole réunionnais selon la graphie Tangol :


 Lë Korbo ek lë Rënar

Konper Korbo, anler in piédboi,

Té tienbo dan son bek in formazh.

Konper Rënar, ki té anbet son boush,

La di alï paroli-là :

« Wopé ! Adié, Mëssië Korbo.

Ou lé bien zholi ! I arsanm ou lé gadianm !

M'i manti pa, si out shanté

Lé parey out plïm,

Ou lé lë Payankë lë bann zabitan dann boi-là. »

Lë Korbo ki antann sa, i santi alï tarzé ;

Epi pou amontt son zholi voi,

Lï rouver gran son bek é lï kit son manzhé shapé.

Lë rënar i kap alï, épissa i di : « Mon bon Mëssië,

Aprann aou tout tarzër

I viv soupléyan sat i akout alï :

Lamontrazh-là i vo bien inn formazh, sëmanké. »

Lë Korbo, k'na ont épi lé perdï,

La zhiré, sëman tar minm, k'i ginÿ arpï trap alï.

 

Fable de La Fontaine "Le Corbeau et le Renard" 

En créole réunionnais selon la graphie KWZ :


Lo Korbo ék lo Ronar

Konpèr Korbo, anlèr inn pyédbwa,

Té tyinbo dan son bèk in formaz.

Konpèr Ronar, ki té anbèt son bous,

La di ali paroli-là :

« Wopé ! Adyé, Misyè Korbo.

Ou lé byin zoli ! I arsanm ou lé gadianm !

M'i manti pa, si out santé

Lé parèy out plim,

Ou lé lo Payanké lo bann zabitan dann bwa-là. »

Lo Korbo ki antann sa, i santi ali tarzé ;

Epi pou amont son zoli vwa,

Li rouvèr gran son bék é li kit son manzé sapé.

Lo ronar i kap ali, épisa i di : « Mon bon Misyé,

Aprann aou tout tarzèr

I viv soupléyan sat i akout ali :

Lamontraz-là i vo byin inn formaz, somanké. »

Lo Korbo, k'na ont épi lé pérdi,

La ziré, soman tar minm, k'i ginÿ arpi trap ali.

 

Le Corbeau et le Renard

Compère Corbeau, en l'air un pied-de-bois,

L'était tient bon dans son bec un fromage.

Compère Renard, qui l'était embête son bouche,

L'a dit à li parolie-là :

« Wopé ! Adieu, Monsieur Corbeau.

Vous l'est bien joli ! Y ressemble vous l'est gadiambe !

Mi mentis pas, si vot' chanté

L'est pareil vot' plume,

Ou l'est le Paille-en-queue le bande z'habitant dans l' bois-là. »

Le Corbeau qui entend' ça, y sentit à li tarzé ;

Et puis pour à mont' son jolie voix,

Li rouvert grand son bec et li quitte son mangé chapper.

Le renard y cappe à li, et puis ça y dit : « Mon bon Monsieur,

Apprend' à vous toute tarzeur

Y viv' souplaillant cette y acoute à li :

La-montrage-là y vaut bien un fromage, surement-que. »

Le Corbeau, qu'na honte et puis l'est perdu,

L'a juré, seulement tard même, qu'y gagnera plus trappe à li.

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